La solitude d'Israël
décembre 1, 2013
Jacques Brassard (76 articles)
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La solitude d'Israël

C’est à Munich, en 1938, que la France et l’Angleterre se sont agenouillées devant Hitler en signant un accord qui allait conduire au démantèlement de la Tchécoslovaquie et à la Deuxième Guerre Mondiale. Aujourd’hui encore, «l’Esprit de Munich» est considéré comme un mélange exemplaire d’aveuglement et de lâcheté.

C’est cet Esprit de Munich qui a imprégné l’attitude et la vision des dirigeants européens et du Président américain lors des pourparlers de Genève avec les Iraniens et qui a enfanté ce qui n’est même pas un accord, encore moins un traité, mais un texte intitulé «plan d’action conjoint».

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (Metula News Agency), une agence de presse très au fait de ce qu’on appelle «l’Orient compliqué», écrit d’ailleurs avec lucidité que «ce document, que l’on peut qualifier de brouillon de travail si l’on veut se situer au plus près de la réalité, n’a strictement rien à voir avec les annonces faites par le Président Obama, ce dimanche. L’arnaque est globale : il n’existe aucun engagement d’aucune sorte dans le tout le texte en question. Résumé juridiquement, cela donne la formule suivante : l’Iran a le loisir de prendre un certain nombre de mesures destinées à limiter son activité nucléaire. Et s’il le fait, les 5 plus 1 (Europe et États-Unis) pourraient, à leur tour, lever certaines sanctions.»

D’ailleurs, le régime iranien a rejeté les interprétations émanant de la Maison Blanche, le Président étant accusé  d’inventé des contraintes qui ne sont pas dans le texte.

Plusieurs observateurs, dont Guy Millière et Daniel Pipes, devant un brouillon aussi honteux, ont évoqué spontanément la capitulation de Munich. Comme le britannique Chamberlain et le français Daladier en 1938, Obama a brandi ce faux accord comme une victoire de la paix.

Il est évident que la capacité nucléaire de la théocratie iranienne n’est nullement affectée par le «plan d’action». Les sites de production de plutonium ne seront pas démantelés et la fabrication de missiles balistiques va continuer.

Pendant des années, les ayatollahs ont magistralement mystifié les Occidentaux en  les manipulant avec des entourloupes et des finasseries. Pendant tout ce temps, l’Iran se dotait de la puissance nucléaire. Et ce régime totalitaire antisémite peut aujourd’hui déclarer, par la bouche de son négociateur, que «le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable».

Et pour prix de son acharnement, la dictature ayatollesque pourra compter sur une levée progressive des sanctions. Obama a beau dire que l’option militaire est toujours sur la table, sa mollesse dans le dossier des armes chimiques en Syrie ne peut que convaincre les Iraniens que le président américain est une baudruche inoffensive.

Et voilà donc, encore une fois, qu’Israël, la seule authentique démocratie de cette partie du monde, se retrouve seul face à une dictature obscurantiste qui n’a jamais cessé de proclamer que l’État juif était un cancer qu’il fallait éradiquer. « Israël, déclare le PM israélien, a le droit et le devoir de se défendre lui-même, face à toutes les menaces.»

Le Canada refuse de lever les sanctions et réitère son soutien sans réserve à Israël. Cela mérite d’être souligné. 

(Article paru dans Le Journal de Québec, 29 novembre 2013)

Jacques Brassard a publié Hérésies, dans lequel il expose ses vues décapantes sur la société québécoise et le monde.  Mario Dumont : «Voici un livre qui dérange !»

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