Le Monde selon Sasseville – Billet 7
avril 30, 2018
Martin Gaudet (583 articles)
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Le Monde selon Sasseville – Billet 7

Y’a des semaines, la vie d’adulte me fait chier.

Apportons ici des nuances nécessaires avant de me retrouver avec des menaces de mort dans ma boîte courriel. Vraiment, vous seriez surpris de ce qui trigger les gens en 2018… et de ce qui se retrouve dans ma boîte courriel. Oui, c’est à toi que je parle, Snake Steven The Great qui m’envoie des photos qui prouvent à quel point tu te trimes le pubis. 

Voyez-vous mes petits fruits de saison, comme je l’ai déjà mentionné, je n’ai eu aucun plaisir à être une enfant. J’ai vécu chaque anniversaire comme un passage obligé me rapprochant de plus en plus de mon objectif d’être autonome, indépendante et prise au sérieux, en plus bien sûr d’être une actrice-comtesse-médecin avec un château en Europe et des chatons qui courent dans les jardins. 

En route vers ma trente-troisième bougie, force m’est d’admettre que l’autonomie a un prix, que l’indépendance a un revers de médaille (allô solitude!) et qu’être prise au sérieux est une chose impossible sur une base quotidienne tant que les machos sauront utiliser l’internet. J’ai aussi appris que l’obtention d’un titre de noblesse est plus difficile que je ne l’imaginais (adieu château) et qu’on ne peut pas gérer Gilbert Sicotte et un internat au CHUM et rester stable psychologiquement. 

Ah, pis chus super allergique aux chatons. Inquiétez-vous pas, j’ai appris à baisser mes attentes, sinon je vous assure que je pleurerais plus souvent.

Bref, ajoute à ça une maladie chronique incurable dont les frais sont inévitables, des factures standards et une carrière d’humoriste émergent, je te dirais que je suis prête à te gager deux trois faces de reine que t’as déjà eu une H1N1 plus agréable que ma vie en ce moment. 

J’envie tellement les gens qui peuvent se réfugier dans leur enfance pour échapper à la morosité d’un quotidien sans gloire. Moi, tout ce que j’arrive à faire, c’est des tournures de phrases assez poétiques pour me dire que je devrais écrire un recueil, pour finalement me rappeler qu’on est pas en 1792 et qu’écrire un recueil de poésie dans le Québec moderne, ça équivaut à être lu par un éditeur et soixante-dix de ses meilleurs chums.

Faque quand je veux échapper à mon quotidien d’adulte, j’essaie de me mettre dans un état ludique, pis de me poser des questions qui m’éclatent les horizons. C’est cet état d’esprit qui fait les meilleures prémisses de blagues, faque toi le jeune qui rêve de faire des open mic, prends des notes!

Ce qui m’amène à la question suivante: dragon ou licorne? 

BON, LÀ ON EST DANS LE VIF DU SUJET GUYS.

Pour vrai, je suis tellement #teamdragon que c’est ridicule, mais je pense que, comme c’est un débat important (not), que la génétique nous surprend de jour en jour, mais SURTOUT parce que c’est mon blogue pis je fais ce que je veux, j’ai fait une liste de pour et de contre pour chaque créature mythique. Avoue que t’en avais pas mal plus besoin que du livre de Pierre-Yves McSween! Pis moi, j’te charge pas vingt-sept piasses et quart pour t’en faire sauver deux en te coupant ton seul plaisir matinal d’un café Tim, non madame. J’te fais rire gratis quand t’es aux toilettes à job. Remercie-moi pas.

DRAGON

Pour: t’auras pus jamais de problèmes de voisinage

Un dragon, ça te garde des voisins en respect. Plusieurs centaines de tonnes et la capacité de cracher du feu, ça fait qu’on passe de « Ils mettent leur musique trop fort dans l’appartement d’en haut » à « Quel appartement d’en haut? »

Contre: si ton dragon aime pas sa vie, tu seras pus jamais heureux

Vous rappelez-vous de Grisou? C’est un dessin animé qui jouait quand j’étais petite, c’est l’histoire d’un petit dragon qui voulait devenir pompier et qui finissait toujours par mettre le feu par accident. Son père essayait vraiment de le décourager, mais Grisou persistait. En faisant les auditions des écoles de théâtre, j’ai réalisé à quel point on devrait peut-être requestionner le fait d’encourager une passion là où le manque d’aptitude est flagrant. Mais dans une société où on organise des levées de fonds pour mobiliser dix sherpas afin qu’un enfant quadraplégique puisse grimper l’Everest, c’est un point qui est encore difficile à défendre.

Bref, ça te prend un dragon qui aime ça crisser le feu et terroriser les gens. À partir de là, tu peux te la jouer Game of Thrones en estie.

Pour: c’est le parfait icebreaker (dans les deux sens du terme)

Fini déneiger ton entrée. Fini la neige. POUR TOUJOURS.

En plus, un dragon, c’est une excellente façon de briser la glace lors d’une première rencontre. Autant avoir un lézard transforme n’importe quel agrès en le pire des tronches, autant le dragon, ça te clenche n’importe quel golden retriever ou la trace d’un anneau de mariage fraîchement retiré. 

Bonus: quand t’es une femme aux cheveux longs, tu peux juste te teindre en blonde et exiger qu’on t’appelle Khaleesi. Et là, si tu comprends pas le référent, tu vas arrêter tout ce que tu fais et aller écouter Game Of Thrones! NOW.

Contre: trouver du parking

À Montréal, c’est déjà compliqué trouver un parking pour un char normal, je m’imagine mal stationner mon dragon. Par contre, à Québec, c’est sûr que mon dragon ferait moins jaser la radio poubelle que le projet de tramway.

LICORNE

Pour: c’est comme un cheval

Et là, on va passer de Game of Thrones à Narnia. Encore une fois si t’as pas le référent, passes-tu ta vie sous une roche?!?! Les deux sont des livres ET des films, jamais je croirai que tu peux pas trouver ton compte là-dedans, bonté divine!

Une licorne c’est comme un cheval et si y’a une affaire que l’humanité sait gérer à part le chaos, c’est bien les chevaux. On connait leur biologie, leur alimentation, leurs besoins de base et des méthodes pour les soigner s’ils se font des grosses câlisses d’entorses de chevaux. Si y’a ben quelque chose qui change rien à la fonction première d’un cheval, c’est de mettre une corne dessus. Je connais des gens qui posent des ailerons sur leur Civic qui devraient y réfléchir en contemplant l’horizon.

Contre: c’est comme un cheval

En même temps, c’est pas si impressionnant un cheval avec une corne. Dans le marché de la licorne, y’a des modèles Pégase qui volent et une licorne volante, c’est comme un serviette sanitaire: t’as l’impression que c’est plus efficace quand y’a des ailes dessus. 

Sinon, une fois l’attrait de la corne passé, tout ce qu’on se dit c’est: « Quand ça va mourir, va falloir que j’en trouve une autre, pis ça va être compliqué. »

Pis de quoi on profite pas quand on pense à ça? DE SA FUCKING LICORNE.

Et du moment présent. 

Dans un monde parfait c’est là que la toune « La vie est si fragile » de Luc de la Rochelière part.

Pour: la symbolique d’empowerment féminin

Si t’avais envie de te prendre pour Freud mon petit carré aux dattes, ça va finir drette là. Pas d’affaire de manque de phallus et de recherche du père ici. Je te parlerais ben des tapisseries médiévales, où les femmes blondes et les licornes se baladent main dans le sabot, mais c’est pas ça mon point.

Mon point c’est que la licorne est au cheval ce que la moto est au char: y’a des beaux chars avec des beaux designs, mais quand tu vois une fille sur une moto, tu le sais que si tu te retrouves avec elle dans une ruelle sombre, y’a neuf chances sur dix que tu ressortes de là sans tes testicules.

Enfant, j’ai toujours préféré dessiner des princesses avec des licornes que des princes avec des chevaux. Comme quoi, tant qu’à dessiner quelque chose qui existe pas, j’aime mieux dessiner un genre de moto avec une corne à qui je peux donner des carottes pis qui m’amène à des places. Mic drop.

Contre: trouver du parking

Encore une fois, tu parkes ça où une licorne? En plus, y’a réellement un risque de vol plus grand que pour le dragon. Toutefois, si elle commence à sentir, tu peux accrocher un sapin sent-bon sur la corne.

J’vas être au bar.

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