Le PQ et le syndrome du hamster
février 12, 2015
Jacques Brassard (76 articles)
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Le PQ et le syndrome du hamster

Ayant été, dans une autre vie, député de ce parti pendant 25 ans, il m’est difficile de ne pas m’intéresser à ce qu’il adviendra du Parti Québécois sur la scène politique au cours des années qui viennent.

Manifestement, le PQ tourne en rond dans sa cage idéologique… comme le hamster.

Le retour au cœur du débat du projet de charte de la laïcité me rend perplexe. À écouter les candidats à la chefferie qui nous avouent, l’un après l’autre, qu’ils étaient disposés à saisir la main tendue de François Legault, on se demande bien pourquoi l’Assemblée nationale n’a pas adopté un compromis sur le sujet qui aurait été préférable à… rien du tout.

Cela s’appelle une occasion manquée. Et le PQ n’étant plus au pouvoir, il a perdu toute capacité de corriger cette erreur funeste.

Mais je constate surtout, à l’examen des quelques propositions annoncées par les candidats, que le PQ est toujours envoûté par les vieilles lubies écolo-étatistes et les chimères jovialistes sur la dette et la fiscalité.

C’est ainsi qu’un candidat proclame que, sous sa gouverne, le Québec va se «libérer» du pétrole. Ah! Bon! Les écolos appellent cela la «transition énergétique». L’Europe s’est  résolument engagée dans cette voie, et les résultats sont désastreux.

Ce sera pareil au Québec. «Il en coûterait 6,4 milliards de dollars annuellement pour réduire de 20% la consommation totale de pétrole pour le Québec… C’est l’équivalent de près de 2 000 dollars par ménage.» Et il est loin d’être certain d’atteindre une telle cible.

Un autre candidat entend lancer le Québec à fond dans l’électrification des transports. Comme si l’ère du pétrole était près de finir. Ce qui est loin d’être le cas. Et que dire des coûts astronomiques d’une aventure aussi périlleuse.

Une autre propose de nationaliser la filière éolienne, une opération qui, par magie, devrait la rendre soudainement rentable.

Et presque tous sont d’avis que la dette québécoise n’est pas alarmante; que les déficits publics ne sont pas préoccupants; que les coupes dans les dépenses publiques ne sont pas si urgentes.

Bref, ils semblent au bord de se joindre aux manifs des «victimes de l’austérité». On sent qu’ils meurent d’envie de taper de nouveau sur les casseroles.

Aucun candidat n’entend, ne serait-ce que du bout des lèvres, admettre que les finances de l’État exigent un vigoureux redressement. On préfère pratiquer une opposition mesquine et à courtes vues.

Qui osera, parmi eux, prendre acte de la nécessité, comme société, de vivre selon nos moyens et de mettre en branle des efforts soutenus de développement économique?

Et, concernant l’option de la souveraineté, je trouve aberrant qu’on puisse envisager un scrutin référendaire alors que le Québec, pour cause de croissance économique anémique, ne peut s’en sortir que grâce aux milliards d’Ottawa (9,5 milliards de péréquation).

Cette lourde dépendance à l’endroit de l’État fédéral constitue pourtant un handicap si énorme qu’elle ne peut que nous conduire vers une défaite irrémédiable. Il y a chez certains candidats un troublant mélange de déni de la réalité et d’un penchant suicidaire.

Triste spectacle!

Jacques Brassard a également publié un livre, Hérésies, dans lequel il expose ses vues décapantes sur la société québécoise et le monde. Pour du politiquement correct, il faut aller voir ailleurs. Mario Dumont : «Voici un livre qui dérange !»

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