Le monde selon Sasseville – Billet 1
janvier 8, 2018
Martin Gaudet (580 articles)
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Le monde selon Sasseville – Billet 1

Que ceux qui trouvent que le 1er janvier sur Facebook est le moment le plus désagréable de l’année lèvent leur souris. Anyone?

Personnellement, je la pitcherais au bout de mes bras après l’avoir aspergé de gaz à lighter pis avoir mis le feu dedans avec mes dernières vieilles allumettes du Pizzédélic (oui les jeunes, dans mon temps, tous les restos donnaient des allumettes pis tu pouvais pas recharger ta clope).

Chaque année, je suis contente que la nouvelle année soit derrière nous, du moins sur le plan virtuel. Certains se disent que je dois être une autre folle d’une époque révolue qui déteste Facebook, pis qui pense que les trolls, c’est des poupées en plastique des années 90 qui font partie d’un vaste complot destiné à nous faire oublier les Gremlins. À toi, ami critique, j’ai envie de te dire; wo back Gina!

J’adore Facebook. À part Farmville, j’aime pas mal tout de ce réseau social-là. Tu gères ton petit monde, tu choisis pas mal ce que tu veux voir, j’aime même chialer sur la pub. Tous les moments importants de ta vie sont soulignés comme si Gallimard publiait ta biographie. Quoi de plus agréable que la journée de son anniversaire sur Facebook! Des petits vidéos, des messages avec des coeurs, tu te sens plus important que la saison 2 de Stranger Things.

Pis là, le 1er janvier arrive. Pis fouille-moi pourquoi, chacun sent le besoin de nous balancer en pleine face le bilan qu’il n’aurait jamais fait si on lui avait dit: « Mets-nous donc ça sur papier en appuyant très fort sur ce vieux stylo Bic! » Si c’était pas si facile de taper sur un clavier, on aurait droit au même contenu que d’habitude: deux trois statuts sur OD (mais semblerait que quand tu l’écoutes de façon ironique, ça fait descendre les cotes d’écoute de 2 points), des memes de The Office pis des vidéos de loutres de mer qui se tiennent par la main en flottant.

Donc, à moins de vivre sous une roche ou d’avoir fait le magnifique move de louer un chalet dans un endroit du Québec où le wi-fi rentre pas, le 1er janvier, tu vas devoir te taper les résolutions de TOUT. LE. MONDE.

Entre les vidéos de chatons qui s’endorment (parce qu’on s’est couchés tard et que LE MONDE DOIT SAVOIR!), il va falloir se taper toutes les listes absurdes qui feront de nos amis du secondaire de meilleures personnes pour l’année à venir. C’est donc dans un esprit total de contradiction que je vous ai fait, dans le désordre, mon top 5 des pires personnes qui écrivent des statuts du Nouvel An sur Facebook:

1- Le biographe

Si tu pensais connaître ce bro, le statut digne d’un short story du New Yorker que tu t’apprêtes à lire va te convaincre du contraire. La seule excuse qu’il a pour avoir oublié quelque chose, c’est qu’il n’est pas un Asperger à haut niveau de fonctionnement avec une mémoire photographique. Alors que certains détails vont te faire t’endormir sur ton laptop plus vite que mon grand-père pré-diabète après un morceau de gâteau de fête, d’autres vont te faire t’exclamer « Mon Dieu que c’est pas de nos affaires! » plus vite que ma grand-mère dans une discussion de sous-sol d’église où ça parle de plaisir solitaire (allô Grand-Maman, allô Grand-Papa, bisous, je vous aime!) Mais comme il a retenu du positif de toutes ses expériences et qu’il a tellement évolué comme personne, il finit tout ça par un beau #blessed

2- La nébuleuse

Elle, elle a décidé de résumer 365 jours dans une phrase et c’est franchement pas mieux. Généralement c’est une affaire comme « Cette année, je vais apprendre à mieux m’entourer et à pardonner », où on le sait donc que le message s’adresse à une personne qui l’a poignardé dans le dos et qui ne lira jamais le post. Ou encore une phrase obscure de poète maudit qui parle de fleurs et/ou de suicide et/ou d’opium selon l’analyse de W.H Clemens, dans le livre de 350 pages sur les oeuvres obscures de poètes maudits que tu dois obligatoirement te taper pour comprendre cette personne. Une fois sur deux, quand elle cite un roman québécois, elle ne cite pas l’auteur(e) pour les gens pensent que c’est sa phrase. Jamais de hashtags à la fin de ses posts, parce que « ça tue la littérature »; chaque fois, je me retiens de lui dire que Carpe Diem c’est la même chose que #yolo

3- Le visionnaire

Ce gamin a des objectifs et clairement, ils ne seront pas ignorés. Généralement jeune, plein d’espoir et pas encore frappé en pleine poire par l’amertume de l’échec, ce sympathique bout en train a décidé de commencer sa 19e année sur terre en lion et a des visées de carrière exceptionnelles compte tenu de sa réelle capacité à se lever avant 10 heures le matin. À sa liste interminable de nouvelles cordes à son arc qui demanderait à n’importe quel professionnel plusieurs semaines de sous-traitance ou des journées de 36 heures, le seul item qui manque est « dominer le monde », juste entre « animer le meilleur podcast du Québec » et « embrasser Scarlett Johanssen sur la bouche ». #newyearhereicome

4- La spirituelle

Il a trois ans, elle a découvert le yoga, le véganisme et la méditation pleine conscience. Aujourd’hui, elle n’est plus que l’ombre de la fille de party qui se flashait les boules dans les tournois d’impro. Si elle n’est pas déjà professeure de yoga ou coach de vie, elle a écrit un post de type croissance personnelle sur fond de coucher de soleil ou de sa face resplendissante de fille en forme qui boit des smoothies. Elle est trop positive, elle comprend pas le sarcasme pis câlisse qu’elle est ferme de partout. Bitch. #namaste

5- Le reconnaissant

La seule personne qu’il a pas remercié, c’est le garagiste qui a fait son changement d’huile le 3 janvier de l’an dernier et qui lui a dit d’aller attendre à côté de la machine à pinottes en lisant un Sentier Chasse&Pêche de l’été 2009. S’il avait pu, il aurait remercier la caisse de 6 qui a provoqué le rapprochement ultime entre sa mère pis son père pis la Dodge Aries qui a constaté leurs ébats. Cette année, il va probablement se faire tatouer #mercilavie dans un symbole d’infini surmonté d’un dauphin.

Maintenant que tout cela est derrière nous, je vous souhaite un 2018 remplit… de santé. Je sais que je suis pas super originale, néanmoins, je suis pas mal sûre que même dans cette époque de science, l’atteinte à long terme de ses objectifs personnels est toujours plus difficile avec un cancer full métastases ou le retour de la peste bubonique.

J’vas être au bar.

Isabelle Sasseville

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