Les Etats-Unis, la Russie et les homos
septembre 25, 2013
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Les Etats-Unis, la Russie et les homos

Depuis maintenant quelques mois, de plus en plus de contenus web dénoncent le système russe. Entre autre, la loi “anti-propagande gay”, éveille les critiques et les passions. Les réseaux sociaux sont bombardés d’articles, de vidéos et d’autres formes de contenus sur le sujet. L’Occident est outré des mesures discriminatoires envers les homosexuels.

En farfouillant dans les archives des différents sites d’informations, j’ai fais deux constats. Tout d’abord, cette loi est en vigueur depuis mars 2012; puis, les sources sont majoritairement américaines.

Dans un climat de tensions palpables, je me suis demandée s’il n’y avait pas un lien de corrélation entre ce lynchage virtuel, l’affaire du NSA et les relations américano-russes.

Pourquoi tant de polémiques aujourd’hui, alors que le texte à été soumis au Parlement il y a plus d’un an? Existerait-il une corrélation entre tous ces éléments? La propagande vient-elle vraiment de celui qu’on veut nous faire croire?

La loi “anti-propagande gay”: une histoire datant de 2011

Le projet de loi “anti-propagande gay” a été déposé en novembre 2011 et réprimande “la propagande de l’homosexualité et de la pédophilie auprès des mineurs” dans le but de défendre les “valeurs traditionnelles russes”. Elle prévoit des amendes variant entre 5 000 Roubles (125€) et un million de roubles (25 000€) selon les cas.

Entrée en vigueur le 17 mars 2012, il faudra attendre plus d’un an pour vivre la polémique médiatique dont nous sommes aujourd’hui témoins.

Est-ce vraiment surprenant venant de la Russie?

La Russie fait parti des pays émergents et il lui faut encore bien des années avant de pouvoir décrocher la qualification de pays développé.

Le niveau de développement d’un pays ne se limite pas au produit intérieur brut. Il faut aussi prendre en compte les facteurs humains et sociaux. L’IDH (Indice de développement humain) est une mesure permettant d’étudier ces éléments. L’IDH se fonde sur trois critères fondamentales: l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’étude et le niveau de vie.

Aujourd’hui, la Russie fait partie des 10 pays les plus puissants en terme de PIB. Néanmoins, son IDH la classe en 55eme position. Après le Koweit.

Est-ce réellement surprenant que des mesures contre la propagande homosexuelle soient adoptées dans un pays où visiblement le développement est encore loin d’être achevé? Est-il pertinent de comparer le système russe avec celui de la Norvège, de l’Allemagne ou du Canada?

Le prétexte de tout ce remue-ménage serait entre autre les Jeux Olympiques 2014, où la rumeur voudrait que des athlètes gays seraient dans l’interdiction de participer…

Rappelons que les JO de 2008 à Pékin se déroulaient dans le premier pays au monde en nombre d’exécutions par peine de mort

Bizarrement, ils sont tous américains

J’ai voulu tenter une petite expérience. J’ai voulu comparer la part du contenu disponible sur internet concernant la loi de propagande gay en Russie, en provenance des Etats-Unis, avec celle d’une autre source. J’ai choisi la France, pays reconnu comme défenseur des droits de l’Homme et de l’égalité.

Je tiens à préciser que ces résultats sont grossiers et ne sont destinés qu’à avoir un ordre d’idée. 

Afin de comparer le poids du volume du contenu web entre les différentes localisations, il me fallait des données quantitatives. Il m’a semblé pertinent de me référer aux nombres des résultats de recherches entre les différentes requêtes. Je me suis donc rendue sur Google et y ai effectué cette recherche: inurl:2013 russia gay propaganda law usa

  • inurl:2013: La plupart des presses en ligne utilisent le format de permalien qui suit: http://www.presse.com/année-de-publication/mois/jour/titre-de-l-article. L’opérateur inurl désigne que je souhaite qu’il y ait un terme spécifique dans l’URL. Ici, je demande à Google, les pages web avec le terme “2013” dans l’URL. En gros, je ne souhaite afficher que les archives de 2013.
  • “russia gay propaganda usa”: ces mots-clés doivent être présents littéralement ou non dans la page web.

2013 - Propagande US

Résultats: 323,000 pages web.

 

Ensuite, j’ai effectué la même recherche mais cette fois-ci en ciblant la presse française.

2013 - Propagande FR1

Résultats: 45,400 pages web.

 

Concrètement, c’est 7 fois plus de contenus sur la loi anti-propagande russe, de sources américaines que de sources françaises, en 2013.

 

Ensuite, j’ai voulu étudier l’évolution du volume des contenus, de manière temporelle. Sachant que la loi était passée en 2012, je voulais comparer son impact médiatique en 2012 avec celui de 2013.

2012 - Propagande US

Ce qui nous donne, pour les USA: 223,000 pages web en 2012.

 

2012 - Propagande FR1

Pour la France: 653,000 pages web en 2012.

 

 

Ce qui veut dire… 

En janvier 2012, quand le projet de loi venait d’être accepté en première lecture par le Parlement, la presse française n’a pas hésité à montrer son aberration. A ce moment, ce sont 653,000 pages web dédiées à la loi anti-propagande gay russe, que la France publie sur la toile. Contre 223,000 des Etats-Unis. C’est pratiquement 3 fois plus d’articles français qu’américains.

Un an plus tard – et peu de temps après l’annonce de l’acceptation d’asile temporaire d’Edward Snowden par Moscou – , alors que la loi était effective, on voit près de 323,000 pages web de sources américaines. C’est 100,000 de plus qu’en 2012, à la naissance du projet de loi. En 2013, les résultats des Etats-Unis dépassent fortement ceux de la France: 323,000 pages contre 45,400. Alors que la loi était efficiente depuis plus d’un an, la presse américaine ne s’est pas retenue de déballer cette histoire, qui semblait pourtant déjà derrière nous.

Même si cette analyse est grossière par la nature même d’une recherche Google, elle nous montre une tendance singulière et nous laisse entrevoir une corrélation entre l’augmentation soudaine des articles critiquant la Russie, et les relations américano-russes actuelles.

Ce n’est pas réellement par soucis de liberté et d’égalité, que les médias américains ne cessent de critiquer la Russie. Mais plutôt pour nous leurrer, en désignant un bouc émissaire. Et nous éloigner ainsi du vrai problème…

Un climat conflictuel

L’affaire du Prism a remis en cause nos rapports avec internet et notre confiance en l’Amérique. Affichant au grand jour les pratiques illicites et immorale de la NSA, Edward Snowden a rendu publique les abus de l’Oncle Sam. Traitre ou héros, là n’est pas la question, et je vous laisserai volontiers vous faire votre propre jugement. Ce qui importe c’est qu’il nous a permis de réaliser le poids de la mainmise des Etats-Unis sur les secteurs des télécommunications.

Récemment, nous avons appris que le programme renseignait, entre autre, sur les concurrents directs des Etats-Unis dans les secteurs industriels et sur le plan économique. Bien loin du prétexte de “sécurité nationale”, le système permettait l’espionnage industriel.

Victime de ce réseau d’espionnage, le Brésil a partagé son indignation et a publiquement affirmer avoir la volonté de couper tous liens avec les Etats-Unis concernant internet. En Inde, les fonctionnaires sont priés de ne plus utiliser les services emails américains. Il a même été démontré que le NSA espionnait les échanges financiers par le réseau SWIFT et Visa.

 

 

Espionnage industriel et concurrence déloyale, il va falloir un sacré bout de temps pour qu’on puisse de nouveau faire confiance aux Etats-Unis. Si c’est encore possible…

Quel intérêt pour eux de lyncher la Russie? Maintenant que les masques sont tombés, les Américains essayent-ils de mettre en avant un autre bouc émissaire? Est-ce une tactique pour nous éloigner toujours plus de leurs pratiques illicites? Rappelons que le NSA a enfreint un bon nombre de lois constitutionnels… Et pourtant – arrêtez-moi si je me trompe – , on n’entend pas parler de sanctions.

Aujourd’hui, c’est un système tout entier qui tremble. C’est une nation entière qui essayent de se débattre tant bien que mal, de l’image d’opportuniste et de manipulateur qui lui colle tant à la peau. Les tactiques dissimulées, les mensonges, les atteintes à la liberté, l’assouvissement de ses intérêts à elle, et à elle-seule… Tous les moyens sont bons pour rester LA superpuissance mondiale. Alors, on met en place des tours de passe-passe et on essaye d’éloigner la masse du vrai problème: nos abus et notre avarice.

Qui fait réellement de la propagande?

Une chose est sûre, quand les Etats-Unis sont dans le tableau, les choses ne sont jamais l’oeuvre du hasard.

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